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VIH : réduire les inégalités pour transformer la riposte

Selon les dernières statistiques mondiales, environ 40,8 millions de personnes vivaient avec le VIH/SIDA en 2024. 53% de ces personnes séropositives sont des filles et des femmes. Le Bénin n’échappe pas à cette disparité avec 1.4% pour les femmes contre 1% pour les hommes. Et au sein des populations clés, les inégalités sont encore plus grandes. Que faire pour infléchir ces tendances au moment où les donateurs se font rares?

Le VIH ou Virus de l’Immunodéficience Humaine est apparu dans le monde dans les années 80. Il attaque le système de défense naturelle de ses victimes et dans son évolution il provoque le Syndrome d’Immuno Déficience Acquise ou SIDA. L’infection se transmet essentiellement par voie sexuelle mais également par le sang, le lait maternel, le sperme, les sécrétions vaginales et anales.

Quand l’infection à  VIH divise homme et femme

De façon générale, les hommes et femmes ne sont pas égaux face à l’infection au VIH. Alors que sur un plan purement biologique, les femmes offrent une plus grande surface vaginale de transmission, la muqueuse vaginale est plus susceptible d’avoir de petites lésions au cours des rapports sexuels que la peau du sexe de l’homme. En dehors de cette vulnérabilité féminine sur laquelle on ne peut pas agir, les filles et les femmes ont  des difficultés d’accès aux services de prévention et de prise en charge du VIH/SIDA qui sont tributaires des inégalités sociales. Par exemple, il est plus aisé pour un homme de porter un préservatif quand il le veut lors des rapports sexuels. La femme surtout en Afrique doit négocier le port du préservatif en sachant que le  » femidom  » (préservatif féminin) n’est pas très usuel et n’a pas eu de succès.

‘’C’est plus facile pour les hommes d’annoncer leur état sérologique à leurs partenaires. Les femmes ont généralement peur d’être répudiées ou d’être vilipendées par leurs conjoints. Ce qui fait que le vécu psychologique des femmes à l’annonce de leur séropositivité semble plus lourd ‘’ précise Dr Laurelle Bokossa du centre d’appui aux personnes vivant avec le VIH/SIDA du Centre National et Universitaire HKM de Cotonou.

Dr Laurelle BOKOSSA

Edith, la quarantaine révolue, rencontrée dans le même centre vit avec la maladie depuis 7 ans.  ‘’ Dès que mon mari a su que j’avais cette maladie, il a pris sa voie et j’ai pris la mienne. Je ne savais pas comment le retenir puisque quand nous avons fait le test et que nous avons su que l’un de nous a la maladie, les rapports sexuels sont devenus difficiles. D’ailleurs on en avait plus. Je ne pouvais même plus faire la cuisine. Il avait peur que je le contamine certainement.’’  confie-t-elle avec beaucoup d’amertume.

Les populations clés face au VIH

L’expression ‘’ populations clés’’ est utilisée pour désigner les personnes les plus exposées au VIH. Ce sont en général les travailleurs de sexe, les homosexuels, les hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes, les transgenres, les personnes qui s’injectent la drogue, les prisonniers et autres. Souvent marginalisées, la stigmatisation sociale dont elles font objet nourrit leur vulnérabilité au VIH/SIDA. Du fait de ces violences qu’elles subissent, elles ont difficilement accès au dépistage et  à la prise en charge. Toutes choses qui compromettent la riposte contre l’infection. 

Donner un nouveau souffle à la lutte

Plusieurs partenaires techniques et financiers affaiblis par le retrait des Etats Unis de la famille onusienne ont raréfié leur soutien financier. Si la lutte contre le VIH est ainsi impactée au plan mondial, les pays africains doivent  désormais compter sur les financements domestiques. Dans le même temps, les maladies émergentes n’ont pas fini de démonter les systèmes de santé dans les pays à faible revenu.

1,3 millions de personnes ont été infectées par le VIH en 2024. Pour infléchir cette tendance, les pays doivent se rallier sur le chemin du respect des droits humains. La vulnérabilité des filles et des femmes ainsi que celle des populations clés face à l’infection n’est pas sans conséquence sur le reste du monde. Des politiques nouvelles doivent ainsi s’attaquer aux inégalités structurelles afin de protéger  les filles, les femmes, les personnes qui s’injectent des drogues et la communauté LGBTQ+. De nouveaux mécanismes de financement sont aussi souhaitables pour combler le déficit créé par  les dernières décisions de Donald TRUMP. Le thème de cette année 2025 invite d’ailleurs les pays à s’unir pour “surmonter les perturbations, transformer la lutte contre le sida’’

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