Perruques : quels risques pour la santé ?
Le port de perruques est extrêmement répandu en Afrique compte tenu de ses avantages soit disant esthétiques. Qu’elles soient lisses, naturelles ou non, bien souvent les techniques de pose de ces perruques et leurs composants ne sont pas sans danger pour la santé humaine. Infertilité, cancers et alopécie, la liste des conséquences de cette pratique d’embellissement est longue.
Sur le marché juteux des perruques, les industriels rivalisent d’ingéniosité pour proposer à la clientèle différentes gammes de mèches qui se rapprochent du cheveux humain. On distingue les perruques aux mèches synthétiques, naturelles et mixtes confectionnées à partir du mélange des deux types de mèches (synthétique et humaines). Indépendamment de leur incidence économique, estimée à plusieurs milliards de dollars, dans les pays africains, les ingrédients qui entrent dans la composition de ces perruques ne sont pas inoffensifs pour l’organisme.
“Les mèches’’ et ‘’les cheveux’’ des perruques
Les produits utilisés pour la fabrication de ces perruques sont en général hors de contrôle et les techniques de fabrication varient selon le type de perruque. Cependant, que ce soit la perruque synthétique, la perruque mixte ou naturelle, le bonnet est la base sur laquelle est fixée la fibre capillaire ou le vrai cheveux. Ce bonnet est en général en tissu, dentelle ou silicone.

Une étude réalisée au Nigéria sur 10 marques de mèches synthétiques courantes dans le pays, révèle la présence de métaux lourds dans les composants des cheveux de certaines perruques. On y retrouve également des pesticides, du plomb, du benzène, du nickel, du chrome, du vanadium pour ne citer que ceux-là.

Les perruques naturelles quant à elles, sont fabriquées avec des cheveux humains qui sont traités pour un rendu très proche du vrai cheveu. Diverses substances chimiques entrent en jeu pour la décoloration et la teinture des fibres naturelles. Ces cheveux naturels sont récoltés dans divers pays, notamment en Asie. Ils sont ensuite acquis par les industries par achat ou don et subissent différents traitements chimiques difficilement traçables avant d’atterrir sur le marché.
Conséquences sanitaires du port des perruques
On peut classer les dégâts de ces perruques qu’elles soient naturelles, synthétiques ou mixtes dans deux grands groupes en tenant compte des intrants chimiques ( traitement des fibres, composants des mèches synthétiques, produits de collage) et de la barrière physique qu’elle constitue pour le cuir chevelu.
- Les composants chimiques des perruques pénètrent dans le sang au contact de la peau et sont dommageables pour la bonne santé des organes du corps humain. Tout dépend de la durée de l’exposition. En général, les métaux lourds comme le plomb détruisent de façon sournoise et irréversible les reins , le foie, le système nerveux tout en augmentant les risques de survenue de cancers ( tout type confondu). Et ce n’est pas tout. Certains des produits chimiques utilisés dans la fabrication de ces perruques sont des perturbateurs endocriniens responsables de stérilité.
- Le port de perruques provoque une tension constante sur les follicules pileux. S’en suivent les maux de tête ( port prolongé et serré), les réactions allergiques (démangeaisons,éruption), les chutes de cheveux (alopécie de traction, tempes dégarnies). En dehors de ses avantages esthétiques et commodes relevés par les femmes, le port quotidien de perruques est une menace certaine pour les cheveux naturels qui ne respirent plus assez.
Perruque, un danger pour l’écosystème ?
Une étude réalisée aux États Unis dont les résultats sont publiés sur le site officiel du gouvernement américain pointe du doigt les perruques synthétiques. Elles déclenchent des crises d’asthme à cause des odeurs et des allergènes libérés lors des techniques de coiffage qui utilisent la chaleur. Comme elles sont composées essentiellement de matière plastique, elles contribuent à la pollution. En effet, une fois hors d’usage, elles ne se dégradent pas vite et deviennent des déchets au même titre que les emballages plastiques.
Une loi pour interdire le port des perruques ?
La question fait débat dans certains pays africain en l’occurrence, au Burkina Faso en cette fin d’année 2025. Les discussions tournent autour d’une éventuelle possibilité d’interdiction de l’importation de cheveux artificiels sur le territoire burkinabè. Sur les réseaux sociaux, certains créateurs de contenus mentionnent qu’une loi pourrait bientôt punir par ailleurs le port des faux cheveux dans le pays du capitaine Traoré.
Quel que soit l’encadrement juridique en vigueur dans les pays, la décision de ne pas porter des perruques reste cependant très personnelle. Arrêter de porter des perruques dépend de différents facteurs qui doivent inclure les conséquences sanitaires et environnementales évoquées dans cet article.