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La pornographie, une drogue nuisible à votre vie sexuelle

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La pornographie nuit-elle à la santé sexuelle ? Il est important de répondre à cette question à un moment où de nombreux jeunes et adolescents découvrent le sexe avec la pornographie à travers Internet pendant que d’autres en font leur école dans le but de mieux satisfaire sexuellement leurs partenaires.

La science commence à peine à révéler les impacts négatifs de la pornographie sur le cerveau. Mais on sait déjà que le visionnage régulier des vidéos pornographiques crée à la longue une dépendance tout en modifiant le désir et la satisfaction du sexe dans la vie réelle.

Des effets sur le cerveau

Aujourd’hui des travaux de plusieurs neuroscientifiques donnent des raisons de croire que l’addiction à la pornographie modifie le câblage neurologique du cerveau et les relations interpersonnelles. Au fil du temps la pornographie assimilable aux substances hyper-stimulants, crée des disfonctionnements sexuels. Notamment, chez la femme l’impossibilité d’atteindre l’orgasme et chez l’homme une incapacité à avoir une bonne érection avec un (e) partenaire réel. En réalité, ces vidéos entrainent d’abord une hypersécrétion de la dopamine (neurotransmetteur) et bouleversent ensuite à la fois le système de récompense de la dopamine et sa sensibilité aux stimulations naturelles.

Du coup, les consommateurs de ce type de visuels ont du mal à réagir convenablement en situation réelle. Au lieu de chercher l’épanouissement sexuel dans le couple, les addicts se rabattent instinctivement sur leur ordinateur ou smartphone lorsque le désir se pointe et sont de moins en moins excités dans la vie normale.

Aussi l’accoutumance du cerveau à ce type de contenu réduit-elle, son activité de sorte que les victimes ont tendance à réclamer des formes de plus en plus extrêmes de pornographie. Trois heures de visionnage de contenus pornographiques par semaine suffiraient pour réduire la matière grise du cerveau selon des chercheurs. Et le porno changerait non seulement la structure du cerveau mais également son fonctionnement. Finalement, c’est l’histoire des substances dopantes (la drogue) : plus vous en consommez, plus vous en demandez et plus la dépendance est grande.   

Les autres traumatismes

La dysfonction sexuelle et la relation conjugale compromises ne sont pas la seule rançon de l’utilisation abusive de la pornographie. La mauvaise santé mentale et émotionnelle est aussi associée à l’addiction au porno. 

Plusieurs études rapportent chez les adeptes du porno, des conséquences comme l’anxiété sociale, la dépression, la baisse de l’estime de soi, le dégoût de sa propre image corporelle. La recrudescence des violences sexuelles et sexistes trouverait également sa source dans cette habitude.

Par exemple, dans la plupart des films X, les rôles sont souvent inégalitaires. Ils présentent trop souvent les hommes sont en position de domination et les femmes soumises. Or, il est démontré que nous sommes tous naturellement influencés par ce que nous observons. A force donc de regarder le porno, les victimes ont tendance à reproduire dans la réalité les mêmes scènes d’où les violences sexuelles de plus en plus enregistrées. Selon les neuroscientifiques, ce sont les neurones miroirs qui suggèrent la reproduction de ces mêmes images.

Par ailleurs la santé cognitive des jeunes et adolescents habitués à ce genre de vidéo sur internet se trouve impactée. Les résultats scolaires et universitaires sont ainsi affectés avec à la clé la tendance à l’isolement, la construction d’une vie secrète, les troubles de l’humeur, la perte d’intérêt pour le sexe réel, le développement des pratiques sexuelles dégradantes (partouses,  la sodomie, la scatophilie) pour ne citer que ces traumatismes.

Comment décrocher ?

En conclusion, le phénomène de la pornographie n’est pas sans risques. Aussi bien les consommateurs que pour ceux qui y figurent sont impactés. De toute évidence, il parait nécessaire de désamorcer cette bombe qui pourrait détruire complètement les relations intimes humaines.

Chez les jeunes, l’éducation complète à la sexualité est une excellente piste pour désamorcer les préjudices d’une éventuelle addiction à la pornographie. Des enquêtes réalisées par le projet RHRN2 dans le département de l’Atlantique au Bénin ont montré que le manque d’information sur la sexualité pousse les jeunes en général et la communauté LGBT Q+ en particulier vers les recherches sur internet en raison de l’anonymat . L’Association Béninoise de Planification familiale dispose par exemple de nombreux centres disséminés dans presque toutes les communes pour accompagner les jeunes et adolescents dans la quête d’informations en santé de la reproduction.

Quant aux adultes, si vous êtes addict à la pornographie et que vous avez envie d’arrêter, consultez ce lien pour plus d’informations.