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Saint Valentin : attention, les infections génitales peuvent s’inviter !

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En général, la Saint Valentin est considérée comme la fête des amoureux. C’est l’occasion pour de nombreux couples de s’offrir des cadeaux et de se chuchoter des mots doux. Tout ceci  rime également avec les rapports sexuels qui offrent  les  circonstances favorables aux contaminations bactériennes et virales. Notamment, ils exposent de nombreux amoureux aux infections sexuellement transmissibles y compris le VIH/SIDA.

Après “quelques minutes de plaisir”, la vie de la femme ou de l’homme peut basculer, selon le professeur Magloire YEVI, Urologue Andrologue, en service au CHU de Porto-Novo. En réalité, ce qui est à craindre au cours des relations sexuelles, c’est la transmission des micro-organismes responsables des infections génitales. Ces infections mal soignées ou non prises en charge tôt peuvent compromettre durablement la santé de la reproduction de l’homme  ou de la femme. Les infertilités et même certains cancers y trouvent un terrain favorable pour leur développement. Des complications à type de paralysie et la mort sont également à redouter. 

Les infections génitales féminines

Chez la femme, tous les organes génitaux peuvent être contaminés. C’est dire que le microbe qui contamine la vulve ou le vagin lors des relations sexuelles ou du fait d’une mauvaise hygiène intime peut migrer et atteindre d’autres organes comme l’utérus (endométrite), les trompes (salpingites) et les ovaires (ovarite). L’endométrite et les salpingites sont réputés pour induire des difficultés de procréation. 

Les infections urinaires sont aussi fréquentes surtout lorsqu’on change de partenaire. Lors des frottements durant l’acte sexuel, les germes de la région anale peuvent remonter au niveau de l’urètre et coloniser la vessie. Généralement bénigne, la cystite se manifeste de façon soudaine après le coït et est caractérisée par une sensation de brûlure et une envie fréquente d’uriner. A l’opposé, les autres infections vont  s’installer dans le temps et s’accompagner de pertes blanches malodorantes, verdâtres et autres signes d’inconfort vaginal ( démangeaison, sensation de brûlure). C’est le cas des gonorrhées , des vaginites à trichomonas, des candidoses et la liste n’est pas exhaustive. 

Les hommes face aux infections génitales

Il n’est pas rare non plus que l’homme se contamine lors d’un rapport sexuel. 95% des infections génitales chez les hommes sont contractées lors des relations sexuelles et les 5% restants sont le fait d’une hygiène insuffisante. L’appareil génital de l’homme est  composé de la verge, de la  prostate, des vésicules séminales, des canaux déférents et des testicules. 

L’uréthrite est la première des infections évoquées par les spécialistes. C’est une infection de l’urètre qui se trouve dans la verge. Elle survient  aussi subitement que la cystite de la femme. Le patient ressent des difficultés mictionnelles, des douleurs à l’écoulement de l’urine et souvent aussi un écoulement urétral peut apparaître. “La prostatite (infection de la prostate), la spermatocystite (infection des vésicules séminales), l’épididymite et l’orchite font partie des infections génitales chez l’homme et compromettent sa fertilité” prévient, le professeur Magloire Yevi.  L’orchite se traduit par une augmentation du volume des testicules, une douleur au niveau de  la bourse avec des  troubles urinaires et la fièvre. On n’oublie pas la gonococcie, la syphilis et les crêtes de coq ( infection virale à papillomavirus responsable du cancer du col de l’utérus chez la femme.

De plus, ces dernières années des infections bucco génitales ont émergé selon le professeur Yevi Magloire. Elles sont contractées lors des échanges bucco génitaux comme la fellation et le cunilingus. 

Fêter sainement la Saint valentin

Hormis ces maladies sexuellement transmissibles qui guettent tous les amoureux dans la période de la Saint-Valentin, les jeunes et adolescentes sont exposés aux grossesses non désirées avec tous ses corollaires de déscolarisation, de fistule obstétricale et d’avortements clandestins. A noter que l’interruption volontaire même pratiquée à l’hôpital n’est  pas synonyme de risque zéro et n’est pas une contraception.

Pour prévenir ces déconvenues dommageables pour la santé de la reproduction, il est préférable de passer la fête de l’amour sainement. 

  • Il est recommandé de se protéger avec le préservatif lorsqu’on change de partenaire et systématiquement pour les jeunes et adolescents.
  • L’abstinence est la meilleure prévention pour les jeunes et adolescentes. 
  • La pilule d’urgence est efficace pour la prévention des grossesses non désirées mais attention, les prises répétées exposent au grossesses extra utérines. 
  • Aussi faut-il s’assurer d’une bonne hygiène des mains ou passer à la douche avant le rapport sexuel.

Finalement, la Saint Valentin ne doit pas être un prétexte pour des pratiques sexuelles à risque.