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Décès maternels : Droits Sexuels et Reproductifs, une réponse ?

L’un des Objectifs de Développement Durable, ODD qui figure dans l’agenda des pays est de faire passer les décès maternels en dessous de 70 pour 100.000 naissances vivantes d’ici 2030. Alors que cette échéance arrive à grands pas, le Bénin a accueilli les 27, 28 et 29 octobre 2025 un colloque international sur les avancées scientifiques des Droits à la Santé Sexuelle et Reproductive. 

A l’initiative de cette rencontre, l’Association Béninoise pour la Promotion de la famille ABPF et ses partenaires dont l’UNFPA, Enabel et les Pays Bas. En autres objectifs, ils visent le repositionnement des Droits à la Santé Sexuel et Reproductive DSSR comme une des réponses aux décès maternels. ‘’La réduction de la mortalité maternelle commence par la connaissance et la pleine jouissance des Droits à la Santé Sexuelle et Reproductive ‘’ selon le professeur Charles – Patrick Makoutodé, président du comité scientifique de ce colloque. 

Quels liens entre les décès maternels et les DSSR ?

Les Droits à la Santé Sexuelle et Reproductive sont en réalité intimement liés aux décès maternels. Par exemple au Bénin, avant le vote de la loi en 2021, plus de 200 femmes dont 20% d’adolescentes décédaient chaque année des suites d’un avortement provoqué et clandestin. Par ailleurs, chaque année, ce sont 1500 femmes qui  meurent en voulant donner la vie dans le pays, 391 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes malgré les efforts. Sur les bancs des accusés de ce taux élevé de mortalité maternelle, les besoins non satisfaits en contraception, les retards à recourir aux soins, les mariages précoces responsables d’accouchement difficile et donc d’hémorragie de la délivrance, les grossesses rapprochées, pour ne citer que ces causes. Pour justifier les décès maternels dans les pays à faible revenu comme le Bénin, les experts évoquent également les violences sexuelles et sexistes qui coûtent la vie à de nombreuses femmes. A l’analyse de ces différentes situations qui entraînent des décès maternels deux principaux facteurs : les inégalités de genre et le non-respect des droits à la santé sexuelle et reproductive.  Mais attention ! ‘’ L’appropriation des DSSR n’est qu’une première étape de la prévention des décès maternels. il faut ensuite une bonne prise en charge médicale et des politiques qui facilitent la demande et l’accès aux soins’’ prévient le prof Charles Patrick Makoutodé. 

Intérêt de ce colloque international

“On ne peut pas parler des jeunes sans les mettre au cœur du processus. Pour faire d’eux des champions de la riposte contre les décès maternels, il faut les former à la recherche, aux mécanismes de mobilisation des ressources financières et également à la communication et au plaidoyer’’ précise d’emblée Charles Patrick Makoutodé, maître de conférence en système de santé et président du comité scientifique du colloque. Au cours de la rencontre, il a été question pour les Doctorants(es), les étudiants(es) en master et les jeunes activistes venus de différents pays d’Afrique de partager leurs expériences avec des chercheurs avérés et internationaux.  Plusieurs thématiques ont été passées en revue à cet effet, y compris les questions relatives à la santé sexuelle et reproductive des hommes. Une recommandation spéciale a été ensuite faite à ce propos pour faciliter l’accès aux soins de santé sexuelle et reproductive aux hommes.

Dans un contexte où certains partenaires techniques et financiers ont purement et simplement  fermé leur porte, la première édition de colloque international n’a pas manqué de poser les bases pour des mécanismes de financement innovants.  D’ailleurs, pour l’expert en politique de santé Charles Patrick Makoutodé ‘’Le financement est transversal aux différents piliers de réduction des décès maternels. Et il est indispensable pour y arriver de miser entre autres sur les ressources domestiques‘’.

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