Urgences sanitaires au Bénin : les milliards qui sauvent
Dès les lendemains de l’investiture du Président Wadagni, le ton a été donné dans le domaine de la santé. Entre autres mesures, une dotation d’1. Milliard de FCFA a été constituée pour une meilleure gestion des urgences sanitaires dans le pays. Le conseil des ministres du 03 juin 2025, donne ainsi une bouffée d’oxygène aux hôpitaux publics.
En mettant à disposition de tous les hôpitaux publics du Bénin plusieurs milliards de FCFA, le tout nouveau gouvernement mise sur le changement radicale de la qualité et de la rapidité des services d’urgence fournis aux populations dans ces formations sanitaires. D’abord une dotation d’1. Milliard de FCFA pour accompagner ces hôpitaux dans la constitution des stocks d’intrants. Ensuite une enveloppe budgétaire de 10 milliards pour le programme d’accès à l’eau et à l’électricité de tous les centres publics de santé. Enfin une prescription de l’accélération du programme nutritionnel des 1000 premiers jours. Toutes choses qui laissent présager l’amélioration des conditions de travail des professionnels de santé ainsi que celle de la prise en charge des malades.

Etat des lieux des services d’urgence au Bénin
Centre National Hospitalier Universitaires/ Hubert Koutoukou Maga (CNHU/HKM) de Cotonou, le service des urgences désemplit rarement. Et pour cause, c’est le plus grand centre de référence du Bénin. Mais le spectacle y est souvent désolant et inhumain. Retard à la prise en charge, insuffisance de mobiliers (brancard, chariots, lits) et parfois de fongibles médicaux, manque de produits de soins, la liste des dysfonctionnements n’est pas exhaustive. Il n’est donc pas rare d’y poireauter parce que le service manque non seulement du minimum mais également parce que la gestion des urgences pose problème dans la plupart des hôpitaux publics du pays.
En 2016, à l’avènement du gouvernement de la rupture, les réformes entreprises dans le secteur, n’ont pas toujours été favorables à l’amélioration de la prise en charge des urgences dans les centres publics de santé. Bien au contraire, certaines de ces modifications ont précarisé le quotidien des professionnels de santé avec à la clé de nombreuses poursuites judiciaires. Les malades en ont également bavé. Notamment la réforme relative aux subventions de l’État aux dialysés a été une descente aux enfers pour nombre de béninois.
Des réformes, il y en a eu sous la rupture. Malheureusement les indicateurs de santé n’ont pas pour autant progressé. Par exemple, bien que des annonces courageuses aient été faites des taux de mortalité maternelle, néonatale et infantile n’ont pas été inversés. Certains textes de loi ont souffert de leur applicabilité.

La gestion des urgences liées aux catastrophes naturelles ou provoquées par l’homme et à l’émergence des maladies infectieuses n’a pas toujours été efficiente. Que ce soit le drame de Tori-Avamè, la pandémie du Covid-19 ou encore l’incendie d’un entrepôt d’essence de contrebande à Sèmè Kraké, ces situations malheureuses ont énormément éprouvé à l’époque, la capacité des services d’urgence des hôpitaux publics du pays.
Ce qui pourrait changer pour de nombreuses vies humaines

Avec la dotation du milliard pour constituer un stock d’intrants médicaux pour les services d’urgences des hôpitaux publics, ce sont d’emblée des vies humaines qui sont sauvées. En réalité, ces services d’accueil des urgences, vitrines des hôpitaux sont d’une importance capitale. Ils ont pour mission de prendre en charge non seulement les détresses vitales immédiates mais aussi de prévenir les complications pouvant survenir à court et à moyen terme. Avant l’effectivité et la mise à l’échelle territoriale de l’ARCH, un projet du régime de la rupture dont le premier objectif spécifique était d’améliorer l’accès au service de santé pour toute la population, cette mesure sonne comme un début de solution de pour ce problème (la gestion des services d’urgence) de santé publique, reconnu par l’Organisation Mondiale de la santé (OMS).
C’est également un signal fort pour la surveillance et la gestion d’une éventuelle épidémie d’Ébola dans le pays. Le virus bundibugyo étant en pleine propagation, il vaut mieux une expectative armée.
S’agissant de la réduction des taux de mortalité maternelle et néonatale, cette décision du conseil des ministre du tout nouveau gouvernement a l’avantage de donner de l’espoir à toutes ces parturientes qui se sont vues refuser les premiers soins. L’une des violences faites aux femmes enceintes en milieu médical au Bénin est de leur refuser tout acte médical sans une provision financière. Viennent ensuite les trois retards dont le retard à la prise en charge qui justifient le taux de mortalité maternelle élevé. Environ 4 femmes meurent chaque jour au Bénin en voulant donner la vie. Une estimation que les gouvernements successifs de ces dernières décennies n’ont pas pu infléchir.
Dans le fond, les retombées des décisions du conseil des ministres de ce 03 juin 2026 pourraient être très bénéfiques pour la santé des populations dans leur ensemble. Pour les professionnels de santé, fini cette période où, ils devraient mettre la main à la poche avant d’administrer les soins aux patients.