Inondations: ce que risquent les populations béninoises
Depuis quelques semaines déjà, des pluies diluviennes s’abattent sur le Bénin. Normal parce que c’est la saison des pluies dans tout le Golfe de Guinée. Mais l’intensité des eaux déversées est telle que presque toutes les villes sont inondées. Cotonou, Abomey-Calavi, Lokossa dans le sud du Bénin, font déjà les frais de ces inondations avec à la clé des axes routiers impraticables. Et ce n’est pas tout! Sur le plan sanitaire plusieurs maladies et épidémies sont à craindre.
En Afrique subsaharienne, le paludisme est la maladie parasitaire la plus répandue en période de pluie. Le corps médical le sait et s’apprête toujours à y faire face à coup de sensibilisation sur l’utilisation de la moustiquaire imprégnée et de pulvérisation intra domiciliaires. Il est également recommandé aux parents de conduire sans délai, les enfants dans un centre de santé en cas de fièvre. Cette règle est également de rigueur chez les femmes enceintes. Ce qui est par contre moins attendu, ce sont les inondations actuelles responsables d’épidémies graves et de maladies mentales.
Inondation et risques sanitaires

A ce jour, au Bénin, les inondations ont déjà englouti des cultures et des routes. Des habitations sont peut-être aussi dévastées mais officiellement les autorités préfectorales ont prévenu les populations de cette menace imminente.
Ce qu’il faut savoir, c’est que lorsqu’une zone est inondée, l’eau entraîne avec elle, des déchets de tout genre ( cacas, produits chimiques toxiques, etc) et des microbes ( bactéries et virus) qui contaminent l’environnement et les sources d’approvisionnement en eau des populations. La contamination de l’eau de boisson devient alors le principal problème de santé. Le débordement des égouts doublé des problèmes d’assainissement que connaissent déjà les villes et campagnes du pays augmentent les risques d’épidémie de choléra, de gastro-entérite, de salmonelloses ( fièvre typhoïde) et d’autres maladies diarrhéiques surtout chez les enfants.
En temps d’inondation, il y a une augmentation de l’humidité dans les habitations. On sait aussi qu’en saison pluvieuse, il y a des eaux stagnantes dans les maisons. L’alternance de la pluie et du soleil crée alors un environnement propice pour la prolifération des champignons et moisissures. Ce sont des micro-organismes qui entraînent des maladies respiratoires comme les bronchites, les pneumonies et exacerbent les crises d’asthme chez certains patients puisque la qualité de l’air respiré est compromise.
De plus, les inondations favorisent le développement des insectes et animaux nuisibles. Les rats et d’autres animaux trouvent dans les eaux stagnantes des refuges parfaits pour se reproduire. Toutes choses qui accroissent le risque de survenue de la dengue, du zika ou de la leptospirose.
A cette liste non exhaustive, il faut ajouter les dermatoses (maladies de la peau), les électrocutions et les noyades.
Les conséquences psychologiques

Les inondations n’affectent pas seulement la santé physique des personnes. Les populations sont aussi touchées psychologiquement. Par exemple, la destruction du site maraîcher de la commune de Sèmè kpodji au Bénin a entraîné des pertes économiques. Des champs de tomates, de carottes, de choux non arrivés à maturité se sont retrouvés sous l’eau causant de vives émotions aux propriétaires. La montée des eaux, observée au niveau du pont de Djonou sur la route inter- Etats Abomey- calavi – Cotonou est également dommageable pour la circulation des biens et des personnes donc pour le commerce.
Ces circonstances peuvent engendrer un niveau élevé de stress, d’anxiété et de dépression. Dans le contexte sociopolitique délétère actuel du Bénin, il n’est pas exclu qu’avec les inondations, des personnes développent des symptômes de trouble post-traumatique pouvant aller jusqu’au suicide.
Mesures à prendre pour réduire les risques liés aux inondations

Les maladies infectieuses et hydriques dont sont responsables les inondations potentiellement mortelles. C’est le cas du choléra, de la fièvre typhoïde et des maladies diarrhéiques chez les petits bouts de choux. ¨Prévenir revient à respecter rigoureusement les règles d’hygiène d’usages que sont:
- Faire bouillir l’eau avant de la consommer ou utiliser les pastilles pour la rendre potable,
- se laver les mains régulièrement à l’eau et au savon avant de manger et après les selles,
- couvrir les récipients contenant de l’eau, les repas et utiliser les répulsifs pour éviter les piqûres de moustiques,
- manger autant que possible des repas chauds,
- laver rigoureusement les fruits et légumes avant consomation,
- continuer à appliquer ces règles après les inondations parce que la combinaison de la pluie et du soleil aggrave l’apparition de certaines de ces maladies.
Il faut aussi permettre aux professionnels de la santé mentale de soutenir les sinistrés et constituer des réseaux de soutien dans la communauté.