Skip links

Pourquoi il ne faut pas banaliser les douleurs au niveau des testicules 

384 vues

La douleur testiculaire selon le professeur Magloire YEVI, Urologue-Andrologue au CNHU de Cotonou, est un arbuste qui cache de grandes montagnes. Peu importe son intensité, une douleur dans cette zone génitale de l’homme ne doit jamais être banalisée. Sinon, les complications réduisent le capital reproductif mâle.

Les testicules sont une usine de fabrication de spermatozoïdes et de production de l’hormone mâle (la testostérone). C’est une paire d’organes, en forme de boule qui loge en bas de la verge, dans une poche appelée scrotum. Les testicules se nourrissent et fonctionnent bien grâce, entre autres, aux vaisseaux sanguins qui vascularisent la zone. Lorsque tout va bien, le testicule ne devrait pas faire mal. 

Ce que cachent les douleurs testiculaires

Mais il arrive que l’adulte ou l’adolescent ressente une douleur vive, brutale ou progressive dans la région testiculaire sans une cause physique apparente. A ce moment, il est indispensable de consulter un spécialiste pour identifier la montagne que cache cet arbuste (cette douleur qui peut paraître banale).

La première grande montagne que peut dissimuler ce symptôme douloureux est la torsion du cordon spermatique. En fait, le cordon qui relie les testicules à la base du pénis, peut se tourner sur lui-même et déclencher une douleur vive. L’un des vaisseaux sanguins peut alors se boucher et empêcher le sang d’aller nourrir le testicule.  Si dans les 6 heures qui suivent cet incident, le flux sanguin n’est pas rétabli, l’organe touché va nécroser c’est-à-dire mourir et devra être retiré, explique le Professeur Magloire YEVI. « Il s’agit ni plus ni moins d’une urgence chirurgicale pour garder intact le capital de fertilité masculine », ajoute-t-il.

Lorsque le petit garçon souffre de l’oreillon (l’inflammation qui siège derrière l’oreille), il faut le conduire à l’hôpital pour des soins préventifs de l’orchite ourlienne.  En l’absence de cette prise en charge, le petit garçon à l’âge adulte, pourrait souffrir d’infertilité.

Les infections ( entrainant l’inflammation) du testicule sont l’autre groupe de facteurs qui peuvent justifier une douleur testiculaire. En langage scientifique, on parle d’orchite. Elle peut survenir chez l’adulte au détour d’un rapport sexuel où le méat urinaire a été contaminé ou chez l’enfant (orchite ourlienne) en association avec l’oreillon. Lorsque le petit garçon souffre de l’oreillon ou parotidite désignant l’infection de la glande parotide (l’inflammation qui siège derrière l’oreille), il faut le conduire à l’hôpital pour des soins préventifs de l’orchite ourlienne, prévient le Professeur YEVI.  En l’absence de cette prise en charge, le petit garçon à l’âge adulte, pourrait souffrir d’infertilité. Chez les adultes, le Professeur insiste également pour un traitement adéquat de toute infection urogénitale pour préserver cette usine de la spermatogenèse. Les rapports sexuels non protégés, la fellation et les manipulations du pénis avec des mains sales sont les vecteurs des germes responsables de ces infections.

Professeur MAGLOIRE YEVI

Parfois sur la peau du ou des bourses , il peut apparaitre des stries comparables au vers de terre. Il s’agit de ce que les médecins urologues appellent varicocèle, une dilatation des vaisseaux sanguins qui amènent le sang des testicules vers le cœur (réseau pampiniforme). La douleur testiculaire vient de cette dilatation qui doit être rapidement prise en charge parce qu’à son tour la varicocèle peut entrainer aussi une infertilité, précise Magloire YEVI.

Palper les testicules

La plus grande des quatre montagnes que peut cacher l’arbuste qu’est la douleur testiculaire selon l’Urologue-Andrologue en service au CNHU de Cotonou, est le cancer du testicule qui reste mortel. Dans ce cas précis, les testicules prennent du volume et deviennent douloureux. L’échographie et les examens biologiques permettent alors d’affiner le diagnostic de la tumeur maligne testiculaire. L’ablation du testicule va ensuite être de mise pour éviter la généralisation du cancer. Mais tout ceci n’est possible que si le patient est reçu tôt, prévient Docteur YEVI.

Tout comme la femme, chaque homme devrait connaitre son corps, précisément palper de temps en temps cette zone pour y déceler une éventuelle anomalie. Et l’hôpital reste l’allié de choix devant un quelconque changement.