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Attention ! Si vous êtes diabétique, vous devez plus que les autres prendre soin de votre libido

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Au Bénin, environ 4% de la population générale souffrent du diabète. Cette maladie métabolique est caractérisée par une élévation permanente et anormale du taux de sucre dans le sang.  Dans son évolution, cet excès de sucre détruit différents organes du corps humain dont l’appareil génital. Qu’il s’agisse de la femme ou de l’homme, l’atteinte des nerfs et des vaisseaux sanguins à long terme est implacable et justifie la dysfonction sexuelle qui peut à son tour être dans certains cas, le signe révélateur du diabète.

Impact du diabète sur les organes génitaux mâle et femelle

Il faut reconnaitre d’emblée que le sucre n’est pas mauvais pour l’organisme humain. Il est pour le corps ce que le carburant représente pour la voiture.  Cependant, son excès dans le sang (glycémie), c’est-à-dire au-delà de 1,26g/L de sang, est à craindre.

Chez l’homme comme chez la femme diabétique, le sucre en excès attaque trois éléments importants dans la sexualité. Il s’agit des vaisseaux sanguins (les tuyaux qui distribuent le sang dans les différents organes), des nerfs qui réalisent les connexions et des ovaires ou testicules qui produisent les hormones. Dans la pratique, une bonne érection ou excitation est tributaire d’une bonne circulation sanguine, d’une bonne transmission de l’information sensorielle et d’une bonne sécrétion de la testostérone ou de l’estradiol. Toutes choses qui se retrouvent perturbées chez le diabétique et qui justifient en partie les dysfonctions sexuelles. 

De plus, le stress et l’anxiété qui découlent de la maladie elle-même, vont participer à la mise en berne de la sexualité. Une étude réalisée au Bénin en 2016 et rapportée par Jule GNINKOU, Maître Assistant et médecin endocrinologue au CNHU/HKM de Cotonou, rend compte de la baisse du désir, des troubles érectiles et d’excitabilité, de lubrification, des troubles de jouissance (orgasme et éjaculation rétrograde) chez la plupart des patients(es) diabétiques. La femme diabétique est souvent sujette à des infections génitales répétitives. Du coup, des problèmes de dyspareunie (rapports sexuels douloureux) et de vaginisme (contraction incontrôlée des muscles du périnée empêchant toute pénétration) ont été relevés au sein de la population de femmes interrogées.

Comment prévenir ces atteintes pour jouir d’une sexualité optimale ?

Les spécialistes affirment qu’on ne guérit pas du diabète mais qu’on équilibre son taux de glycémie. L’enjeu de la prévention des troubles sexuels chez le patient diabétique est à ce niveau. Les atteintes des organes qui interviennent dans la sexualité s’installent progressivement et peuvent être retardées au maximum.

Dans un premier temps, l’idéal est d’équilibrer son diabète avec le diabétologue. Médicaments, régime alimentaire… sont souvent recommandés pour éviter que la glycémie ne plafonne pas à des taux dommageables. L’activité physique régulière est aussi un bon allié pour éviter l’accumulation des graisses au niveau des vaisseaux sanguins et améliorer le bon fonctionnement de ces derniers. Un suivi biologique et radiologique est ensuite nécessaire à travers des examens mensuels et annuels.

Par ailleurs, il est essentiel de ne pas faire de ces désagréments des questions taboues. Déjà dans le couple, un dialogue franc, empathique, basé sur la confiance est indispensable pour diminuer l’incidence psychologique du diabète. Parfois, le vécu psychologique du patient diabétique entraine une dépréciation de soi pouvant aller jusqu’à la dépression et un blocage face à l’acte sexuel.  Le sexologue et le psychologue sont donc les autres professionnels qui vont entrer dans la prise en charge des patients diabétiques pour la prévention de ces complications.

« Dans le couple, un dialogue franc, empathique, basé sur la confiance est indispensable pour diminuer l’incidence psychologique du diabète. »

Le diabète ne doit pas reléguer au second plan la sexualité. Chacun a le droit à une sexualité épanouie et les retentissements sexuels du diabète ne sont pas une fatalité. N’hésitez donc pas à demander de l’aide à votre gynécologue, urologue ou à un autre spécialiste.